Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours en quelques mots ?
Nous sommes Stéphanie et Alice, les deux fondatrices des Pas d’Chichi, une entreprise vendéenne née d’une amitié, d’une épreuve de vie… et d’une idée un peu folle.
Stéphanie est à l’origine de la conception et de la fabrication de nos Pas d’Chichi dans notre atelier aux Herbiers. Alice s’occupe davantage du développement, de la communication et des partenariats.
Nous étions voisines et amies bien avant de devenir associées. Lorsque Stéphanie a été confrontée au cancer du sein et à la perte de ses cheveux liée à la chimiothérapie, nous avons cherché une solution qui lui permette de continuer à se reconnaître dans le miroir. De fil en aiguille – c’est presque le cas de le dire ! – est né le premier Pas d’Chichi.
Ce qui devait simplement répondre à un besoin personnel est finalement devenu une aventure entrepreneuriale avec une ambition : permettre à d’autres femmes de rester elles-mêmes pendant la maladie.
Votre création est-elle liée à une expérience personnelle avec la maladie ou le soin ?
Oui, complètement. Les Pas d’Chichi sont nés du cancer du sein de Stéphanie.
Au moment où elle a appris que la chimiothérapie allait lui faire perdre ses cheveux, cette question de l’apparence a pris une place importante. Ce n’était évidemment pas le plus grave médicalement, mais ce n’était pas futile pour autant.
Les cheveux font partie de notre identité. Ils sont aussi l’un des signes visibles de la maladie lorsqu’ils disparaissent. Stéphanie ne se retrouvait pas complètement dans les solutions existantes et souhaitait avant tout pouvoir garder ses propres cheveux.
C’est à partir de ce besoin très concret que nous avons imaginé, testé, recommencé… jusqu’à créer ce qui allait devenir le Pas d’Chichi.
Nous connaissons donc cette problématique de l’intérieur. Et cela influence encore aujourd’hui notre manière d’accompagner les femmes : au-delà du produit, nous savons qu’elles nous contactent souvent à un moment où tout va très vite et où elles ont énormément de choses à assimiler.
Concrètement, en quoi consiste votre création et comment peut-elle améliorer le quotidien des patients ?
Le Pas d’Chichi est une prothèse capillaire partielle réalisée à partir des propres cheveux de la personne, coupés avant leur chute liée aux traitements.
Nous récupérons ses mèches et les travaillons artisanalement dans notre atelier pour créer une couronne capillaire sur mesure. Celle-ci se porte avec un turban amovible qui vient couvrir le dessus de la tête.
La différence fondamentale, c’est donc que lorsque la femme se regarde dans le miroir, ce sont ses cheveux qu’elle retrouve : sa couleur, ses mèches, ses cheveux blancs, ses boucles, sa texture, ses longueurs… Une partie de son image d’avant la maladie reste présente.
Le Pas d’Chichi est également pensé pour être simple, léger et confortable au quotidien. Le turban peut être changé selon ses envies, sa tenue ou son humeur, sans avoir à changer toute la prothèse. Vous gardez votre style !
Notre objectif n’est pas de cacher la maladie à tout prix. C’est de redonner le choix : celui de montrer ou non ce que l’on traverse, celui de se coiffer, de changer de turban et surtout celui de continuer à se reconnaître.
Quel message aimeriez-vous adresser aux patients ou aux aidants qui découvriront votre entreprise ?
Nous aimerions leur dire avant tout : prenez le temps de trouver la solution qui VOUS convient.
Perruque, turban, Pas d’Chichi, crâne nu… il n’existe pas une bonne façon de vivre la perte de ses cheveux. L’important est de choisir ce qui permet de se sentir le mieux à un moment où beaucoup de choses nous échappent déjà.
Et surtout, n’hésitez pas à poser des questions, même celles qui vous paraissent anodines. Nous échangeons quotidiennement avec des femmes et leurs proches qui découvrent cet univers du jour au lendemain.
Les Pas d’Chichi sont nés d’une patiente qui cherchait une autre solution. Alors aujourd’hui, nous tenons à rester disponibles, accessibles et à expliquer les choses simplement.
Pas d’Chichi entre nous.
Si votre création pouvait soulager une seule difficulté du quotidien d’un patient, laquelle aimeriez-vous changer ?
Le moment où l’on ne se reconnaît plus dans le miroir.
La maladie transforme déjà tellement de choses dans le quotidien. Lorsque les traitements modifient brutalement l’apparence, il peut y avoir cette sensation étrange de voir la maladie avant de se voir soi-même.
Si notre Pas d’Chichi peut permettre, ne serait-ce qu’un instant, de regarder son reflet et de penser « là, c’est encore moi », alors nous avons réussi quelque chose d’essentiel.
Nous ne pouvons évidemment pas enlever la maladie ni la difficulté des traitements. Mais nous pouvons essayer de faire en sorte qu’au milieu de tout cela, elle ne prenne pas toute la place.
Et finalement, c’est probablement la raison d’être des Pas d’Chichi : aider les femmes à rester elles-mêmes, même quand la maladie vient tout chambouler.








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