
1. Qui es-tu et quel est ton métier ?
Je m’appelle Virginie, je suis infirmière depuis 2006. Je fête mes 20 ans de diplôme cette année. J’ai commencé ma carrière en travaillant au centre de médecine physique et de réadaptation fonctionnelle Bretegnier à Héricourt (70). Je travaillais dans une équipe pluridisciplinaire, c’était un service à la pointe et très gratifiant. J’ai poursuivi mon expérience dans un Centre Hospitalier. J’y ai d’abord travaillé de jour en tant que roulante sur différents services tels que la gériatrie, la médecine interne et en EHPAD. Je travaille maintenant de nuit, par choix, depuis 13 ans, dans un service de médecine polyvalente qui regroupe plusieurs spécialités : l’addictologie, la diabétologie, la dermatologie, l’infectieux, l’hématologie et l’algologie. C’est intéressant, c’est un service très diversifié et on apprend tous les jours et je m’y plais beaucoup. J’aime mon travail de nuit cela me permet de travailler en binôme avec l’aide-soignante et de prendre plus le temps avec les patients.
2. Pourquoi as-tu choisi de devenir soignante ?
Je me suis retrouvée à l’école d’infirmière un peu par hasard. Au départ j’ai choisi l’orientation d’un BAC technologique Science Médico-Sociales pour travailler auprès d’enfants en tant qu’auxiliaire de puériculture. Au lycée mes professeurs m’ont dit que j’avais les capacités de faire plus, j’ai donc passé mon concours d’infirmière comme les copines, sans vraiment me renseigner sur le métier et sans savoir ce qui allait m’attendre. J’ai eu des difficultés à obtenir mon concours, je l’ai repassé plusieurs fois. Une fois rentrée à l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) je me suis vite plu ainsi que dans les stages réalisés tout au long de ma formation. Mes résultats étaient satisfaisants autant à l’écrit qu’en pratique, j’ai continué ma formation jusqu’au bout sans regrets aujourd’hui.
3. Quels types de troubles et pathologies es-tu le + amené à soigner ?
Nous accueillons des pathologies très diverses mais certaines reviennent plus que d’autres : les sevrages alcooliques, les cancers hématologiques, les douleurs chroniques, les infections de toutes étiologies et les troubles cognitifs, chez des patients âgés de 16 ans à + de 100 ans. Malheureusement les décès sont une réalité incontournable de notre métier d’infirmière et y sommes souvent confrontés.
4. Qu’est-ce que les patients t’ont appris au fil des années ?
Certains de nos patients ont des pathologies chroniques, ils connaissent leur maladie, leurs symptomatologies, leur corps sur le bout des doigts et nous apprennent beaucoup. Il faut savoir écouter ses patients, on apprend de leur ressenti. Mais chaque patient reste unique et il faut adapter et individualiser les soins en fonction de chacun.
Les + de mon travail sont :
. Le travail en équipe, la solidarité entre collègues peut être forte.. La diversité, chaque jour, chaque patient, chaque situation sont différentes.. La relation humaine, le sentiment d’être utile pour les patients et leurs familles.
Les – de mon travail sont :
. La fatigue physique, être debout, le piétinement et les multiples sollicitations.. Les horaires de travail, les week-ends, les jours fériés, les fêtes de Noël.
5. Dans ton métier, as-tu déjà été amenée à collaborer avec un.e patient.e partenaire ?
Le Centre Hospitalier dans lequel j’exerce n’emploie pas de patient-partenaire, c’est malheureusement une collaboration qui n’est pas déployée, mais qui mériterait de l’être, cela pourrait aider de nombreux patients.
6. Y a-t-il une situation ou un patient qui a particulièrement marqué ton parcours ?
Bien-sûr il y a régulièrement des patients qui me touchent de par leur histoire, leur jeune âge ou leur maladie incurable, il serait faux de dire que je suis insensible. Mais avec le temps, on apprend aussi à prendre du recul, à savoir couper le lien une fois la porte du service franchie, pour ne pas ramener avec soi les souffrances, les histoires et les problèmes des patients. C’est une forme de protection bénéfique pour pouvoir continuer à exercer sans que tout ce que je vis au travail n’envahisse ma vie personnelle.
7. Si tu pouvais faire passer un seul message aux patients et à leurs proches, lequel serait-il ?
Si je devais transmettre un message aux patients et à leurs proches, ce serait de ne jamais sous-estimer l’importance de l’humain. Derrière chaque maladie, chaque traitement et chaque protocole, il y a une personne, avec ses angoisses et ses espoirs. Nous ne pouvons pas toujours guérir, mais nous sommes là pour écouter, conseiller et accompagner. Et surtout toujours y croire, de ne jamais baisser les bras même dans les moments les plus difficiles 🙏


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