Emma. Kinésithérapeute.

1. Qui êtes-vous et quel est votre métier ?

Je m’appelle Emma et je suis kinésithérapeute depuis 7 ans. Avant cela, j’ai travaillé pendant 4 ans comme psychomotricienne, d’abord en libéral auprès d’enfants, puis en soins de suite et de réadaptation auprès d’adultes.

Aujourd’hui, je partage mon temps entre l’hôpital public, où je travaille auprès de jeunes adultes en soins de suite et de réadaptation (50 %), les soins à domicile (15 %) et le cabinet (35 %), où je pratique principalement la kinésithérapie en pelvi-périnéologie.

En dehors du travail, je pratique le surfskate et j’aime beaucoup les activités créatives, notamment la peinture et la gravure.

2. Pourquoi avez-vous choisi de devenir soignante ?

Kinésithérapeute n’a pas été ma première vocation, ce qui explique un peu mon parcours atypique. À 17 ans, ce n’est pas toujours évident de savoir ce que l’on veut faire sur le long terme ! Je savais simplement que je voulais travailler dans le domaine médical ou paramédical.
J’ai d’abord tenté une fac de psychologie, puis je me suis orientée vers la psychomotricité. En travaillant en collaboration avec des kinésithérapeutes, j’ai découvert un métier qui me correspondait bien et qui complétait mon parcours. J’ai donc décidé de me reconvertir et je ne le regrette pas !
C’est un métier que je trouve très riche, par la diversité des spécialités, des pratiques qui évoluent constamment, mais surtout par les rencontres. Chaque patient a son propre parcours et sa personnalité, et j’aime pouvoir les accompagner pour les aider à mieux vivre leur quotidien. C’est ce qui me plaît le plus dans ce métier.

3. Quels types de troubles et pathologies êtes-vous le + amené à soigner ?

C’est assez vaste, justement parce que j’exerce dans plusieurs domaines.
À l’hôpital, en soins de suite et de réadaptation, je prends en charge beaucoup de patients après une chute ou une période de réanimation avec un alitement prolongé. La rééducation peut être assez longue, avec un travail de réautonomisation progressif (réapprendre les transferts, la marche et les gestes du quotidien).
À domicile, j’accompagne principalement une patientèle âgée qui n’est plus en capacité de se déplacer jusqu’au cabinet. L’objectif étant de maintenir/améliorer leur autonomie.
Enfin, au cabinet, je me suis spécialisée en pelvi-périnéologie. Je reçois donc principalement des femmes pour des troubles urinaires, de statique pelvienne, des douleurs pelviennes ou encore dans le cadre du pré /post partum.

4. Qu’est-ce que les patients vous ont appris au fil des années ? 

Je pense que mes patients m’ont surtout appris à m’adapter. Chaque personne est différente, avec son histoire, sa pathologie, ses attentes. Il est donc impossible d’appliquer un protocole identique à tous les patients.
Ce que j’aime particulièrement dans mon métier, c’est la diversité des rencontres, notamment à travers les générations, les cultures et les origines. J’apprécie aussi de voir les progrès des patients et de pouvoir les aider à mieux vivre leur quotidien.
Comme dans tous les métiers, il y a également des aspects plus difficiles. En milieu hospitalier, la fatigue physique peut être importante, car c’est un métier exigeant, mais la charge psychologique est également présente. Il faut parfois savoir faire preuve de patience face à des patients peu motivés ou présentant des troubles cognitifs. Dans le contexte libéral, l’aspect administratif peut aussi être chronophage et pesant.

5. Dans votre métier, avez-vous déjà été amenée à collaborer avec un.e patient.e partenaire ?

J’ai eu l’occasion de rencontrer une seule patiente partenaire jusqu’à présent. Avant cette rencontre, je ne connaissais pas du tout ce statut ni le principe de la pair-aidance. D’ailleurs, je ne sais pas s’il y a actuellement des patients partenaires au sein de mon établissement.

6. Y a-t-il une situation ou un patient qui a particulièrement marqué votre parcours ?

Je pense à un patient atteint d’un cancer du poumon que j’ai suivi pendant plusieurs mois avec mes collègues. Son parcours a été assez chaotique, avec des hauts et des bas, mais il faisait preuve d’une grande résilience et d’une vraie motivation. Malgré des traitements lourds qui le rendaient très asthénique, il tenait à venir en séance tous les jours, jusqu’à son entrée en soins palliatifs.
Avec mes collègues, nous avons tenu à aller le voir une dernière fois. Nous avons continué à échanger nos petites notes humoristiques habituelles, malgré la situation. C’est un souvenir qui m’a particulièrement marqué et attristé. 

7. Si vous pouviez faire passer un seul message aux patients et à leurs proches, lequel serait-il ?

Bougez ! Même un peu, même à votre rythme, mais essayez de rester actif au quotidien. On a parfois tendance à attendre d’aller mieux pour se remettre en mouvement, alors que le mouvement fait justement partie du chemin pour aller mieux..



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