Mikel. 50 ans. Cancer du sein

Qui es-tu ?

Je m’appelle Mikel, 50 ans, j’habite Montpellier et je suis père de deux enfants. Je suis surtout un homme qui a traversé un parcours assez particulier : une gynécomastie, un cancer du sein, plusieurs opérations, une reconstruction qui n’a pas fonctionné comme je l’espérais, et aujourd’hui des cicatrices chéloïdes très visibles sur le torse.
Pendant longtemps, j’ai plutôt cherché à cacher mon corps. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse : je montre mes cicatrices sur les réseaux sociaux pour sensibiliser au cancer du sein chez l’homme, encore beaucoup trop méconnu, mais aussi pour parler de gynécomastie, d’acceptation de son corps et de résilience.
Mon objectif est simple : faire connaître le cancer du sein chez l’homme et, à travers mon histoire, peut-être aider d’autres personnes à mieux vivre avec leurs propres cicatrices.

Quelle est ta pathologie ?

Mon parcours médical a commencé avec une gynécomastie, c’est-à-dire un développement de la glande mammaire chez l’homme. En 2011, j’ai été confronté à un cancer du sein.
J’ai subi plusieurs interventions chirurgicales au niveau du torse, dont une double mastectomie. En tout j’ai subi 6 opérations dont 4 de reconstruction.
Aujourd’hui, le cancer appartient à mon histoire, mais j’en garde des traces très visibles : de grandes cicatrices chéloïdes sur le torse. Ce sont des cicatrices qui se développent de manière excessive, en relief, et qui peuvent continuer à évoluer avec le temps.
C’est donc à la fois un parcours lié au cancer du sein, à la chirurgie et aux conséquences physiques et psychologiques laissées par toutes ces interventions.

Quel traitement suis-tu ? As-tu des astuces pour moins souffrir ?

Aujourd’hui, je ne suis plus de traitement contre le cancer. En revanche, mes cicatrices chéloïdes nécessitent toujours une attention particulière.
J’utilise notamment des crèmes pour hydrater et masser régulièrement mes cicatrices. Ces gestes font maintenant partie de mon quotidien.
Avec le temps, j’ai surtout appris à écouter mon corps et à accepter que certaines sensations, tiraillements ou inconforts puissent persister. Il n’y a pas vraiment de recette miracle : chacun doit trouver ce qui lui apporte du confort, tout en étant accompagné et conseillé par les professionnels de santé.

Qu’est-ce que cela t’empêche de faire ?

Aujourd’hui, mes cicatrices ne m’empêchent pas réellement de vivre ou de faire les activités que j’aime.
Pendant longtemps, en revanche, elles ont eu un impact important sur mon rapport à mon corps. Me mettre torse nu, aller à la plage ou simplement me regarder dans un miroir pouvait être compliqué.
Ce qui a le plus changé avec le temps, ce n’est finalement pas mon corps, mais le regard que je porte sur lui. Aujourd’hui, je montre ces cicatrices que j’ai autrefois voulu cacher. Elles font partie de moi et racontent mon parcours.

As-tu dû adapter ton domicile ou ton quotidien ?

Je n’ai pas eu besoin d’adapter spécialement mon domicile.
En revanche, mon quotidien a forcément été adapté pendant les différentes périodes d’opération et de convalescence. Après certaines interventions, les mouvements étaient plus limités, il fallait éviter certains efforts et apprendre à laisser le corps récupérer.
Aujourd’hui, je mène une vie normale. La principale habitude que j’ai conservée concerne mes cicatrices : j’en prends soin régulièrement, notamment en les hydratant et en les massant.

Quel mode de transport utilises tu ?

Comme j’habite et que je travaille en ville, j’utilise beaucoup mon vélo électrique au quotidien. J’utilise également les transports en commun et, pour les trajets plus longs, la voiture.
Mon parcours médical et mes cicatrices ne m’imposent aujourd’hui aucune contrainte particulière dans mes déplacements.

Et il y a t’il un impact sur ta vie familiale ?

Oui, forcément. Un cancer et plusieurs opérations ne concernent jamais uniquement la personne qui les traverse. La famille vit aussi les inquiétudes, les périodes d’hospitalisation, les convalescences et les moments de doute.
Sur le plan amoureux, les transformations de mon torse et les cicatrices ont aussi eu un impact sur l’image que j’avais de moi-même et sur ma confiance. Il faut apprendre à accepter ce nouveau corps, mais aussi accepter de le montrer à l’autre.
Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de recul. Mes cicatrices font partie de mon histoire et je ne ressens plus le besoin de les cacher.

Cette pathologie te joue t’elle des tours sur ta vie sociale et professionnelle depuis la maladie ?

Aujourd’hui, elle ne m’empêche pas de travailler ni de mener une vie normale. En revanche, ce parcours a profondément changé ma façon de voir certaines choses et, surtout, ce que j’ai envie de transmettre.
C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à prendre la parole sur les réseaux sociaux. Je sensibilise au cancer du sein chez l’homme, mais aussi à la gynécomastie, aux cicatrices et à la résilience.
J’ai plusieurs projets autour de cette démarche : développer ma chaîne YouTube pour raconter mon parcours plus en profondeur, donner la parole à d’autres personnes touchées par la maladie et, à terme, à des professionnels de santé. Je travaille également sur l’écriture d’un livre autour de mon histoire.
J’aimerais aussi aller beaucoup plus loin en créant une association pour venir en aide aux personnes touchées par un cancer du sein dans des pays défavorisés, où l’accès au dépistage, aux soins et à l’accompagnement peut être beaucoup plus difficile.
L’idée, finalement, est de transformer ce que j’ai vécu en quelque chose d’utile pour les autres.

Quelle musique écoutes-tu quand tu as un coup de mou ?

J’écoute énormément de musique, mais surtout… je danse !
J’ai toujours aimé danser. D’ailleurs, je prends des cours de danse et c’est vraiment mon péché mignon. Quand j’ai un coup de mou, mettre de la musique et danser me permet de me vider la tête, de retrouver de l’énergie et de penser à autre chose.
La danse, pour moi, c’est vraiment un plaisir, mais aussi une façon de lâcher prise.

Quelles sont tes activités préférées ?

La danse, évidemment, occupe une place importante dans ma vie. J’aime prendre des cours, apprendre, progresser et surtout m’amuser.
Il y a aussi la musculation. Aller à la salle me fait un bien fou. Pas pour devenir bodybuilder, mais simplement pour entretenir mon corps et garder la forme. Plus on avance en âge, plus je trouve important de préserver sa force et sa masse musculaire.
Mais s’il y a une autre vraie passion chez moi, c’est la cuisine. Je cuisine depuis mon adolescence et il n’y a presque rien de plus relaxant pour moi que de me retrouver derrière les fourneaux. Je cuisine quasiment tous les jours.
Je ne parle pas de grande cuisine sophistiquée : j’aime les choses simples, bonnes et faites maison. Cuisiner, c’est vraiment mon moment de détente. Ça me vide la tête et, en plus, j’ai le plaisir de partager ce que j’ai préparé avec les autres.
Entre la danse, la salle de sport et la cuisine, j’ai finalement trouvé trois façons très différentes de prendre soin de moi : bouger, me défouler et me faire plaisir.

Et puis une activité qui a pris beaucoup de place ces dernières années, c’est la création de contenu pour les réseaux sociaux. Même si cela demande du travail, j’aime imaginer des vidéos, transmettre des messages et échanger avec les personnes qui me suivent.

Quelles sont tes séries ou programmes télé préférés ?

Je regarde beaucoup moins la télévision qu’avant, notamment depuis que les réseaux sociaux ont pris une place importante dans mon quotidien.
Je continue malgré tout à regarder les journaux télévisés, principalement sur les chaînes du service public, parce que j’aime rester informé de l’actualité.
Je regarde aussi beaucoup de sport, et surtout du football. J’aime également les documentaires et les émissions consacrés à la nature.
Et quand j’ai simplement envie de me poser et de déconnecter, je regarde volontiers un bon film ou une série sur Netflix.

Que lis-tu actuellement ? Et lis-tu des témoignages de patients ?

Adolescent, je lisais énormément. Tous les dimanches, après la messe, j’avais un petit rituel avec ma sœur : on allait à la bibliothèque du quartier. J’en garde de très bons souvenirs.
J’ai continué à lire en grandissant, puis progressivement, la lecture de livres a pris de moins en moins de place dans ma vie. Et je le regrette vraiment. Ça me peine même parfois de constater que je ne prends plus le temps d’ouvrir un livre comme avant.
En revanche, je lis énormément sur les réseaux sociaux. C’est aussi ça, le monde moderne : on lit toujours beaucoup, mais différemment.
Et oui, je lis notamment beaucoup de témoignages de patients. Ils m’intéressent énormément parce que derrière une même maladie, il y a autant d’histoires que de personnes. Chacun traverse les épreuves à sa manière, avec ses peurs, ses difficultés, mais aussi sa façon de rebondir.
Et forcément, depuis que je raconte moi-même mon parcours, ces témoignages résonnent encore davantage avec ma propre histoire.


Et si vous souhaitez découvrir le parcours d’un homme touché par le cancer du sein, retrouver mon histoire, mes cicatrices, mais aussi mes messages de sensibilisation, vous pouvez me suivre sur Instagram et TikTok : @mikelseblin.
Parce que le cancer du sein chez l’homme existe aussi, et plus on en parle, plus on le fait connaître.


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