Pas besoin de cape pour sauver des vies !

Ces dons qui sauvent des vies : sang, plasma, plaquettes et moelle osseuse

Quatre façons de donner, des milliers de raisons d’espérer.

On connaît tous, ou presque, le don du sang. On a déjà croisé une affiche de l’Établissement français du sang, entendu un appel à la mobilisation ou aperçu une collecte organisée près de chez soi. Pourtant, derrière ce geste solidaire se cachent plusieurs formes de dons, parfois méconnues, qui répondent à des besoins médicaux bien différents.

Car donner son sang, son plasma, ses plaquettes ou sa moelle osseuse, ce n’est pas exactement la même chose. Ces dons ne servent pas aux mêmes traitements, ne se déroulent pas de la même manière et ne nécessitent pas toujours les mêmes conditions.

À la suite d’une discussion avec une amie qui m’expliquait que sa fille venait de faire son 1er don j’étais étonnée de voir que je n’avais jamais évoqué le sujet ici !

En effet je ne peux pas donner mais je suis une grosse consommatrice… un vrai vampire ! En 1993 et en 2005, au cours de mes chimiothérapies, j’ai régulièrement eu besoin de dons de plaquettes ; et lors de mes dernières opérations après avoir perdu beaucoup de sang c’est les dons de sang qui m’ont aidée à me relever, alors je suis toujours touchée quand j’entends quelqu’un dire qu’elle a fait un don…

Mais, si nous prenions quelques minutes pour mieux les comprendre ? Parce qu’un don, aussi discret soit-il, peut représenter une immense chance pour une personne malade.

1. Le don du sang : le plus connu, mais toujours indispensable

Chaque année, en France, les dons de sang et de ses composants permettent de soigner environ un million de personnes. Des patients atteints de cancers, des personnes souffrant de maladies du sang, des accidentés ou encore des femmes victimes d’hémorragies lors d’un accouchement. 

Lors d’un don de sang total, on prélève une poche de sang qui sera ensuite séparée en plusieurs composants : les globules rouges, le plasma et les plaquettes. Chacun possède une utilité bien précise.

Comment donner ? Il faut généralement avoir entre 18 et 70 ans, peser au moins 50 kg et être reconnu apte après un entretien médical. Le prélèvement dure environ 10 minutes, mais il faut prévoir une heure sur place, accueil et collation compris.

2. Le don de plasma : un précieux allié pour les défenses immunitaires

Le plasma est la partie liquide du sang. Il transporte notamment des protéines essentielles, comme les anticorps et les facteurs de coagulation.

Son don permet de fabriquer des médicaments indispensables à certaines personnes atteintes de déficits immunitaires, de maladies auto-immunes ou de troubles de la coagulation. Il peut également être utilisé directement en transfusion.

Comment donner ? Le don de plasma est généralement possible entre 18 et 65 ans, avec un poids minimal de 50 kg, sous réserve d’aptitude médicale. Une machine prélève le plasma et restitue les autres composants sanguins au donneur. Il faut prévoir environ 1 h 30 sur place.

3. Le don de plaquettes : particulièrement précieux face aux cancers

Les plaquettes jouent un rôle essentiel dans la coagulation. Elles permettent notamment de limiter les saignements.

Certains traitements, comme les chimiothérapies intensives, peuvent entraîner une chute importante du nombre de plaquettes. Les patients atteints de leucémie ou d’autres maladies du sang peuvent alors avoir besoin de transfusions pour prévenir des hémorragies parfois graves.

Leur particularité ? Elles ne se conservent que sept jours. Les dons doivent donc être réguliers. 

Comment donner ? Le don de plaquettes est généralement accessible entre 18 et 65 ans, avec un poids minimal de 50 kg, après vérification des critères médicaux. Le prélèvement est réalisé par aphérèse, une technique qui permet de récupérer les plaquettes tout en restituant les autres composants. Il faut prévoir environ 2h sur place.

4. Le don de moelle osseuse : une chance de guérison pour les malades

C’est probablement le don qui suscite le plus d’interrogations, parfois même quelques craintes.

La moelle osseuse se trouve à l’intérieur des os. Elle fabrique les cellules du sang et joue un rôle essentiel dans notre organisme. Il ne faut surtout pas la confondre avec la moelle épinière, située dans la colonne vertébrale.

Une greffe de moelle osseuse peut offrir une chance de guérison à des personnes atteintes de leucémies, de lymphomes ou de certaines maladies graves du sang.

Pour devenir donneur volontaire, il faut avoir entre 18 et 35 ans inclus au moment de l’inscription, être en bonne santé et effectuer un prélèvement salivaire ou sanguin pour déterminer son profil de compatibilité. Une fois inscrit, on peut rester sur le registre et être sollicité jusqu’à 60 ans inclus.

Contrairement aux autres dons, s’inscrire ne signifie pas donner immédiatement. On est contacté uniquement lorsqu’une compatibilité est identifiée avec un patient.

Si cela arrive, deux techniques de prélèvement existent : dans la majorité des cas, les cellules souches sont recueillies dans le sang après une préparation médicale. Dans les autres cas, elles sont prélevées dans les os du bassin, sous anesthésie générale.

La compatibilité entre donneur et receveur étant rare, chaque nouvelle inscription représente une chance supplémentaire pour les malades.  

5. Avant de donner : les consignes essentielles

Donner est un geste généreux, mais il doit toujours se faire dans de bonnes conditions, pour protéger à la fois le donneur et le patient qui recevra le produit.

  • Avant le rendez-vous : vérifiez votre éligibilité, munissez-vous d’une pièce d’identité avec photo, mangez normalement et hydratez-vous suffisamment. Il ne faut pas venir à jeun.
  • Pendant le rendez-vous : répondez sincèrement au questionnaire de santé et à l’entretien confidentiel. Certains traitements, infections, interventions médicales, voyages ou antécédents peuvent entraîner une contre-indication temporaire ou définitive.
  • Après le prélèvement : prenez le temps de vous reposer, profitez de la collation proposée, continuez à boire de l’eau et évitez les efforts physiques intenses dans les heures qui suivent.

Pour le sang total, le délai habituel entre deux dons est d’au moins huit semaines. Les dons de plasma et de plaquettes peuvent être plus rapprochés, selon les règles spécifiques de chaque prélèvement.

Un point important : avoir une maladie chronique ou prendre un traitement ne signifie pas automatiquement que tous les dons sont impossibles. Chaque situation doit être évaluée par les professionnels compétents. À l’inverse, certaines pathologies ou certains antécédents peuvent exclure définitivement un type de don comme les antécédents de cancer.

Attention toute fois si vous avez plusieurs partenaires, certaines situations sexuelles récentes peuvent entraîner un report temporaire. Les questions sont posées de manière confidentielle, selon les critères réglementaires en vigueur.

⚠️ INFOX – Toute fois de fausses informations circulent, vous pouvez donner si vous…

  • Avez vos règles, à condition que votre taux de fer soit bon,
  • Avez une maladie chronique,
  • Êtes tatoué·e ou avez un piercing
  • Êtes homosexuel

6. Et lorsqu’on ne peut pas donner ?

C’est une réalité dont on parle finalement assez peu. Certaines personnes aimeraient sincèrement donner leur sang ou leur moelle osseuse, mais leur état de santé ne le permet pas. Et cela ne doit surtout pas être vécu comme un échec.

Il existe d’autres façons de participer : partager une campagne de sensibilisation, accompagner un proche à une collecte, informer son entourage ou simplement expliquer pourquoi ces dons sont si importants.

Parfois, faire connaître le don à une seule personne suffit à déclencher un engagement qui, un jour, changera peut-être une vie.

7. Où se renseigner et devenir donneur ?

Établissement français du sang (EFS) : Pour vérifier son éligibilité, trouver une collecte ou prendre rendez-vous pour un don de sang, de plasma ou de plaquettes.


Don de moelle osseuse – Agence de la biomédecine : Pour comprendre le don, vérifier les conditions et s’inscrire sur le registre national des donneurs volontaires.

Conclusion : derrière chaque don, il y a une histoire

Derrière une poche de sang, une transfusion de plaquettes, un médicament issu du plasma ou une greffe de moelle osseuse, il y a toujours une personne. Un enfant en traitement, un adulte confronté à une maladie grave, une famille qui espère ou un patient qui retrouve progressivement des forces.

Ces dons ne guérissent pas toutes les maladies, mais ils peuvent sauver des vies, rendre certains traitements possibles et améliorer considérablement le quotidien de nombreux patients.

Alors, que l’on puisse donner ou non, prenons au moins le temps d’en parler. Parce que la solidarité commence parfois par une simple information partagée.


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