Avant les années 1970, nos cabinets médicaux et nos services hospitaliers étaient marqués par le mandarinat, la toute-puissance d’un médecin pontife. Le patient était réduit à une forme de passivité.
« Patient partenaire, patient expert »
de Thérèse Psiuk et Hugues Lefort
Durant un rendez-vous avec ma psychologue, une phrase a surgi dans la conversation et a résonné en moi comme une évidence : « Ne pas subir. »
Cette phrase a vraiment pris sens en moi car au fil de mon parcours oui j’ai subi… j’ai subi les paroles détestables, les phrases prétentieuses de médecins et leur silence, j’ai subi la douleur lors de manipulations, j’ai subi les errances les administratives, etc… Je sais que des ami.e.s et connaissances ont aussi vécu ces moments douloureux et perturbants.
Alors que non, nous sommes patients mais nous n’avons pas à subir les humeurs des soignants ou la douleur et qu’il est essentiel de diffuser ce message et qu’il infuse en chacun de nous !
Mais aujourd’hui, je le sais : nous avons le droit de dire non. Nous sommes patient·es, pas objets de soins.
Dire non, ce n’est pas être difficile, c’est être vivant
Il est encore difficile d’oser affirmer une limite. On peut craindre de déplaire, d’être mal vu, ou que cela impacte la qualité des soins. Et pourtant, exprimer un refus ou un malaise est une force, pas une faiblesse. C’est rappeler qu’on a une voix, un corps, une expérience.
Vous avez le droit de dire :
- « Je préfère ne pas être examiné·e maintenant. »
- « Je souhaite plus d’explications avant cette procédure. »
- « Je ne suis pas d’accord avec ce choix. »
- « J’ai mal. J’aimerais que cela soit pris en compte. »
Votre douleur mérite d’être entendue
La douleur physique, comme la douleur morale, n’est pas un détail. Elle ne devrait jamais être banalisée. Pourtant, combien de patient·es entendent encore : « C’est dans votre tête », « Il faut vous endurcir », « On verra plus tard »…
Parler de votre douleur, c’est reprendre la main sur ce que vous vivez. C’est aussi aider les soignants à mieux comprendre ce que vous ressentez. Vous êtes légitime. Votre ressenti compte.
Il est possible de signaler les comportements inadaptés
Si vous vous sentez maltraité·e ou ignoré·e, sachez qu’il existe dans chaque établissement de santé une Commission des Usagers (CDU). Cette commission est chargée de veiller au respect des droits des patients. Vous pouvez y témoigner, déposer une réclamation, poser des questions.
➡️ www.service-public.fr
Vous pouvez aussi demander un accompagnement par un médiateur ou un représentant des usagers. Ce sont des personnes formées, bienveillantes, souvent elles-mêmes anciennes patientes ou proches aidantes, qui peuvent vous aider à faire valoir vos droits.
Une parole partagée, c’est une parole qui débloque
En parlant, vous ouvrez une voie. Pour vous, d’abord. Mais aussi pour les autres. En osant dire : « Ce que j’ai vécu n’était pas juste », vous permettez à d’autres patient·es de reconnaître aussi ce qu’ils ont traversé. Vous faites reculer le silence, la honte, la solitude.
Nous avons le droit de recevoir des soins humains, à l’écoute, à notre rythme. Nous avons le droit de dire quand cela ne va pas. Nous avons le droit de ne pas subir.
Avec douceur,
Prenez soin de vous 🫶🏻
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